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Condate-legedia-cosedia peutinger (Table dite de Peutinger)Modifier

Saint-Sulpice avant l’an 1000

Le site de Saint-Sulpice est proche du tracé de la VOIE ROMAINE RENNES-AVRANCHES/COUTANCES ( Condate – Legedia/Cosedia)

Condate-legedia sur IGN
Pays matans centré
Dans la Gaule «chevelue», le peuple celte armoricain des Riedones*, éleveurs et dresseurs de chevaux, voit ses conquérants romains organiser au Nord de Condate (Rennes) le «pagus Matans » (pays de Mouazé?) ; les légionnaires tracent sur une vieille piste gauloise (la Caleuvre pourrait avoir été nommée par les Gaulois), la voie empierrée qui reliera, en l’an 27 d’Auguste, Condate (Rennes) à Legedia (Avranches) et Cosedia (Coutances). Son tracé N/NE, au sein des profondes forêts de l’époque, suivait la «route de St Sulpice » ( actuelle RD97) depuis l’actuel parc des Gayeulles vers l’entrée dans la lisière Ouest de la Forêt de Rennes et le Carrefour du District. Puis, à 1300 mètres au S/O du bourg (Le Tronchay), elle s’orientait au Nord, formant la limite avec Mouazé et coupant alors la route de Chevaigné (RD 528), puis filait plein Nord (entre Saint-Sulpice et Mouazé) vers Feins ; ses pavés affleureraient encore à de nombreux endroits, même dans des cours de ferme à Chasné-sur-Illet ( Chêne des Plaids, Chemin Chaussé, La Rabotière).

* Rheda : chariot gaulois à quatre chevaux

La Civita Rhedonum et ses pagi traversent alors la « Pax Romana », deux siècles marqués par la romanisation de la Gaule, qui n'ont dû être calmes chez les Riedones que pendant 60 années, sous Trajan, Hadrien [117-118 : incorporation des Riedones à l'Empire], et Antonin [118-158 : développement de l'agriculture, des industries, route officielle de Condate à Cosedia]. En 135, des inscriptions retrouvées à Rennes citent 2 consuls romains en exercice (Tutilius Lupercus Pontianus et Calpurnus Attilianus) lors de l'érection de statues en l'honneur de la famille impériale et d'une divinité gauloise.

Mais en 196, Septime Sévère investit la péninsule armoricaine alors inviolée puis y meurt en 211. En 212 ap. J.C., l’édit de Caracalla fait de tous les hommes libres de l'Empire des citoyens romains, chrétiens et portant les cheveux courts, comme les autres Romains.

En 229, une période troublée s'ouvre ; les Riedones reconnaissent comme empereur des gaulois Maximin (235-238) et lui dédient 2 milliaires, puis Gordien III dans l'inscription de la Porte Mordelaise : O.R. Ordo Riedonum (ou "Sénat des Riedones"). Six "empires gaulois" vont se succéder pendant la "Paix Celtique", En 257, Postumus est proclamé empereur des Gaules : il repousse les barbares et relance agriculture, industrie, construction des remparts et des égoûts de Condate et réfection routière ( dont la déviation par l'Est de la voie romaine d'Antonin entre ad-Fines(Feins) et Legedia). Assassiné en 267, Tetricus lui succède mais abdique en 273.

L'empire romain se désagrège après la période des "tétrarques" et leur dissolution (305). Sous le Bas-Empire, la Bretagne armoricaine reste livrée à elle-même et à ses Bagaudes, et de plus envahie par les Saxons, les Burgondes, les Goths, les Alains.

Au V° siècle, contrairement aux Venètes et aux Osismes, leurs voisins chez qui tout est resté celtique, et où on sera en « Bretagne » , les Riedones ont été très tôt obligés de subir tant bien que mal l’hégémonie romaine, et à Rennes (comme à Nantes), on est et on sera en pays gallo-romain, en « Romanie ».

Par la suite, les Riedones seront en première ligne pendant des siècles, face aux invasions renouvelées des Germains, des Normands (ou Vikings) et surtout sur la frontière mouvante des affrontements entre les Bretons et les Francs.
Marches de Bretagne

691 : Les Francs prennent Rennes.
753 : Pépin le Bref crée une ligne de défense, la Marche de Bretagne (ci-contre) :

849 : Charles le Chauve, roi de France, conquiert Rennes, puis Nominoe, roi des Bretons, la reprend.
907 - 944 : La Bretagne est envahie par les Normands ; en 920, ils pillent Saint-Melaine-de-Rennes dont les moines s'enfuient.

Conan Ier, dit le Tort, comte de Rennes en 970, installe la «maison de Rennes » à la tête du duché de Bretagne, jusqu’en 1066.


Les Archives départementales d’Ille-et-Vilaine (2H2/1, 2H2/12, 2H2/69, 2H2/93)* peuvent faire évoquer Conan Ier, duc de Bretagne (970-992), comme fondateur** vers 990 d’un premier monastère à Saint-Sulpice.

Origine du toponyme «Saint-Sulpice » : D’origine romane, le nom de notre commune est en fait celui de Saint Sulpice dit le Pieux ou le Bon, évêque de Bourges mort en 647 . Sulpice était un nom de l’aristocratie gallo-romaine.

** "Suivant plusieurs mémoires, l'acte original attestant le bienfait du duc Conan était sur vélin et scellé de lacs de soie. Remis le 14 avril 1727 aux commissaires royaux chargés d'examiner la situation financière de l'abbaye, il disparut le 11 avril 1733 pour toujours. On s'explique mal la négligence extraordinaire, l'indifférence avec laquelle on a traité ce document. Des centaines de personnes avaient eu l'occasion de l'examiner,de le manipuler et on n'avait pas songé à en prendre une ou plusieurs fidèles copies . Une telle incurie devait naturellement jeter la confusion dans les esprits. "…"On ne peut que déplorer le recours nécessaire à l'histoire pour évoquer ce qui fut sans doute le plus singulier ensemble monastique de toute la Bretagne, tant la lecture des vestiges pourtant monumentaux, s'avère malaisée de prime abord."




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