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L'ABBATIALE Notre Dame du Nid au Merle ou de Saint Sulpice des Bois Modifier

Datation d’origine difficile pour les historiens, les archives anciennes ayant disparues

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« Fondée au début du XIIe vers 1117 sur la terre ducale (dite du Nid de Merle) puis royale jusqu’à la révolution, par l'ermite Raoul de la Fustaye, ami ou disciple de Robert d'Arbrissel. Après la fondation, Raoul de la Fustaye ne serait pas resté de façon permanente sur les lieux. Ermengarde [1], épouse d’Alain Fergent, est certainement la bienfaitrice et encouragea la mise en place d’un Fontevraud Breton, à double monastère.

Double Monastère Modifier

Le monastère des hommes (moines bénédictins et frères condonats, jusqu’en 1659), était édifié à la « Butte-aux-Moines », ou ???

Frères Condonats : Laïcs conacrés qui travaillaient pour les religieuses et exploitaient leurs terres).

Ils accueillaient séparément des moniales et des moines (les « condonats »). Les moniales prennent en main le temporel, tandis que les moines assurent la direction spirituelle et les offices. Les prêtres n’entrent jamais dans l’espace de vie des moniales, pas même pour administrer les derniers sacrements : les religieuses mourantes sont conduites dans le chœur de l’église pour les recevoir les derniers sacrements. Les deux communautés sont réunies sous l’autorité de l’abbesse [2].

On ignore quand le monastère d’hommes est supprimé, peut-être au XVIIe siècle1.

Très puissante, l’abbaye a droit de haute justice. Elle a un auditoire, une prison, des fourches patibulaires, un pilori, une halle cohue, un moulin banal et un grand colombier [3].

Elle déclinera après son rattachement de la Bretagne à la France, et connaîtra de grandes épreuves : des incendies (1556, 1651, 1701), ouragan (1616), des épidémies récurrentes de peste, guerre de religion, la famine. Dommage que les Sulpiciens n’ont pas choisi l'abbaye pour y faire leur église paroissiale, peut-être trop loin du bourg ?

Abbesse Modifier

Ancienne abbaye de Soleilmont - église - dalle funéraire de l'abbesse Eugénie de la Halle

L'abbesse est la supérieure d'une abbaye, porte la crosse abbatiale au même titre qu'un abbé , (du grec ancien ἀϐϐᾶ / abbã, « père » ; de l'araméen abba, « le père »). Il s'agit du rang le plus élevé pour une femme dans l'église catholique, nommée soit par le roi ou le pape. L'abbaye ne relevait que de Rome. Le mot 'abbaye' n'apparaît qu'au XIe siècle au sein du cénobitisme : on ne le rencontre pas dans la Règle de saint Benoît, où figure le mot monastère.

L’abbesse la plus connue de cette période est Marguerite d’Angennes (de 1609 à 1662) [4], dont un portrait est conservé dans la salle du conseil de la mairie [5].

« La première ou deuxième abbesse dont on sache le nom » serait, selon Dom Lobineau, Marie de Blois, fille d’Étienne Blois roi d'Angleterre, petite fille de Guillaume Le Conquérant.

La petite chapelle « Saint Roul » attenante au transept Sud de l’abbatiale, autrefois voûté de pierres et recouvert d’un toit en appentis, faisant partie du plan d’origine. Chapelle sépulcrale, elle abritait les tombeaux de Raoul de la Fustaye [16 août 1129] et de Saint Aubert ancien ermite, le lien entre ces deux hommes est méconnu. Des fouilles ont en effet permis de retrouver deux sarcophages recouvert de grosses pierres plates,vides, pieds dirigés vers l’Orient, entourés de quantité de pièces de monnaie du XIIe au XVIIIe siècle. Le tombé de Raoul de la Fustaye fut montré aux pélerins dans la chapelle d'après l'écrit du nécrologue de Saint Sulpice.

EGLISE ABBATIALE Modifier

L’abbaye au fil des siècles n’aura pas été épargnée par les guerres, les ouragans et les incendies, amenant à des réparations successives .

La nef détruite par un ouragan en 1616, Marguerite d’Angennes décide de la réduire de près de la moitié de sa longueur (Sur le mûr Sud Ouest de la nef, à l’extérieur, deux contreforts dont sur l'un est inscrit la date de 1617 avec les armoiries de Marguerite d’Angennes). A l'origine elle mesurait 33 m de long d'après le marché passé avec le charpentier en 1557, aujourd'hui elle mesure 17 m de long.

La nef communique avec des ouvertures appelées transept (passages Berrichons).

Le transept est composé de trois carrés égaux : le carré central, les deux croisillons (ou bras du transept), qui forment deux chapelles. Deux ouvertures, dits « passages berrichons », permettent de circuler de la nef à ces chapelles latérales, sans passer par le carré central réservé aux religieuses. Ce sont les seuls exemples de passages berrichons en Bretagne, avec celui de l’église de Tremblay.

Le chœur a disparu mais des traces au sol nous donnent des informations. A l’origine, il était certainement voûté de pierres, tandis que la nef était sûrement recouverte par une charpente de bois. L’abside, où se trouvait l’autel, a disparu. Les deux absidioles sont entièrement d’origine. Dans le croisillon nord, subsistent des traces de polychromie.

Le croisillon sud est dédié à saint Jacques. Il garde la quasi-totalité de ses murs et toutes ses ouvertures. Sur le mur sud, la baie romane est remplacée au XVe siècle par une baie gothique.

N’oublions pas les huit chapiteaux qui subsistent où l’on peu y apercevoir  des feuilles d’eau, figures humaines, crossettes...

Beaucoup de travail au XVIIe, mais il ne reste rien, que la nudité de ces mûrs et la pelouse qui les met en valeur.

LA PORTERIE XVe Modifier

Le porche de l’abbaye est condamné mais sa porte fait encore son grand effet.

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L'abbesse Guillemette de Taillis fait réédifier en 1423 la porterie du monastère au bord de l’ancien Chemin Pavé, en arc surbaissé inscrit dans une vaste ogive, laissant vide un tympan occupé par l'écusson de l'abbesse.

Comme l'atteste l'inscription :

« lan : m : cccc : xxiii : (1423) : da[m]e : g[uillemette] : de : talie : fist : faire : ceste : porte ».

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Les armes, un lion dressé, ont été martelées à la Révolution, mais il apparaît encore les traces d'un cadran solaire marqué d'un enduit rouge et dont les chiffres sont encore lisibles.

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A gauche furent aménagés en 1626 les appartements de l’abbesse. Des deux balcons du pignon, celle-ci pouvait observer les arrivants qui empruntaient l’ancien « Chemin Pavé » longeant la Chapelle Notre Dame sur l’Eau.

LE PAVILLON ET CLOÎTRE Modifier

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Ces éléments du monastère, très sobre, en partie détruits par des incendies, ont été reconstruits du temps l'abbesse Marguerite d'Angennes, au milieu du XVIIe.