FANDOM


Depuis 2014, se déroule le cycle des commémorations nationales et internationales du centenaire de la Première Guerre mondiale. La commune de Saint Sulpice la Forêt s'inscrit pleinement dans cet événement mémoriel exceptionnel qui intéresse l'ensemble des Sulpiciens. Rendre hommage à tous les morts (Saint Sulpice la Forêt 17 soldats morts pour la France 1914/1918) et rappeler l'histoire du passé aux jeunes générations avec le message : Privilégier la Paix que la Guerre

En ce début de XXe siècle, la France, société essentiellement rurale, achève sa première révolution agricole. La vie du village de Saint Sulpice la Forêt est rythmée comme toutes les communes par les saisons et par les fêtes et manifestations profanes et religieuses. Le poids de la religion est important et une bonne partie de la population suit les grandes fêtes qui marquent l'année : Pâques, Fête-Dieu, Mi-Août, Toussaint, Noël et cérémonies exceptionnelles (communions solennelles, confirmations...).

Rappel d'évènements : Modifier

28 juin : l'attentat de Sarajevo contre l'Archiduc François-Ferdinand et son épouse par un étudiant nationaliste serbe sert de détonateur au conflit. L'Autriche déclare la guerre à la Serbie, alliée de la France et de la Russie.

1er août : La France décrète la mobilisation générale pour le lendemain.

3 août : l'Allemagne déclare la guerre à la France

4 août : l'armée allemande pénètre en Belgique

L'ordre de mobilisation : RENNES Modifier

L'ordre est télégraphié depuis Paris aux préfets, aux commandants des corps d'armée

L’Ouest-Eclair du dimanche 2 août 1914 observait que personne à Rennes n’avait été surpris par l’ordre de mobilisation, affiché la veille, dès 16 h 40 rue du Pré Bottée les nombreux Rennais qui attendaient là, crièrent « Vive la France ! » et applaudirent.

Ordre-de-mobilisation-1914

Même réaction notée à l’annonce par le maire M. Jean Janvier à la foule du balcon de son bureau, qui déclara ensuite :

« Aujourd’hui, il n’y a plus de partis. Une seule chose importe : la défense du territoire.
Marchons tous le cœur haut pour faire notre devoir. Soyons calmes, soyons dignes. Et poussons ce cri de ralliement :
« Vive la France ! »
Ceux qui n’ont pas vu les affiches de la mobilisation, en lisent le contenu, dans leurs journaux: l’Ouest-Éclair, Les Nouvelles Rennaise, le Journal de Rennes, monarchiste qui disparaîtra en 1915. Le Nouvelliste de Bretagne parait le mardi.

☀Tocsin : sonnerie de cloche à coups répétés et prolongés pour donner l'alarme en cas d'alerte, de catastrophe naturelle, d'incendie, le glas et de mobilisation générale, etc.

On peut supposer qu'à Saint Sulpice la Forêt les affiches de mobilisation générale sont apposées sur le panneau d'affichage extérieur de la mairie
IMG 0005
tandis que l'on se relie pour sonner le tocsin. Il est fort possible que les habitants du bourg, du fond de la campagne crurent dans un premier temps à un incendie. 'Puis s'est la stupéfaction, les paysans ne tardant pas à tout abandonner, laissant en plan leur ouvrage, le bouche à oreille faisant le reste.

La nouvelle se répandant à travers la campagne telle une traînée de poudre.

Le livre de paroisse du recteur de Saint Sulpice traduit bien, à sa façon, ce qui est ressenti par les habitants de la commune en ce moment là. Extrait du Livre Paroissiale de St Sulpice la Forêt

Affiche femmes françaises

Nous sommes au mois d'août, en pleine moisson, le départ de la plupart des hommes dans la force de l'âge, partis depuis 3 ou 4 jours, déclarés bons pour le service armé lors du conseil de révision, n'ont pas été chose facile. Les femmes savent aussi que la guerre n’est pas aussi fraîche et jolie que les autorités veulent le dire. Ce sont les paysans qui tombent les plus nombreux dans les batailles.Pas de temps à perdre, femmes, enfants, ... prennent la relèvent aux travaux des champs en ce temps des moissons (environ près de 300 agricultrices, fermières de la campagne du bassin rennais) pour nourrir soldats et civiles.

La plupart de ces hommes avaient 20 ans mais certains nés de mi-septembre à fin décembre 1894 n'avaient que 19 ans. Il était possible de s'engager volontairement ; cela concernait alors des hommes un peu plus jeunes. N'ayant jamais été soldat, une période d'entraînement était proposée avant d'être envoyée en renfort au front, environ 2 mois d'entraînement.

Combien d'hommes sont partis pour le front ?

Combien vont revenir sur les 17 soldats morts pour la France?

La commune comptait en 1911, 382 habitants.

Rapidement vont venir les restrictions et contrôles entraînées par l'état de la guerre, les réquisitions pour nourrir tous ces soldats envoyés au front, , etc.

La commune de Saint Sulpice la Forêt se prépare restant « calme et énergique ». On se rassurait avec l'idée que le conflit ne durerait que quelques semaines. Dans la campagne l'esprit d'une grande entraide se fit pour assurer la moisson, les battages des récoltes.
Femmes au champs

Les femmes doivent désormais soigner le bétails, récolter, vendre, acheter, dans l'angoisse permanente d'apprendre un jour la mort de leurs fils, père, époux qui prodigue des conseils par courrier.

Malgré l'aide des enfants, des personnes âgées la culture des champs reste épuisante.

Dans les champs elles travaillent 13 heures.

Tous les chevaux étant réquisitionnés pour le front, elles n'ont pas autre choix que de se mettre à plusieurs pour tirer la charrue.

Quelques unes s’improvisent maire, garde-champêtre, maréchal-ferrant. Seuls le curé parti au front n’a pas son remplaçant féminin. La paroisse ne resta privée de prêtre à Saint Sulpice. Monsieur l'abbé Guilmoy et après l'abbé Costard vicaires auxiiaires à Liffré y venaient le dimanche et le jeudi, chaque fois que nécessaire.

Certains poilus vont s'inquiéter naturellement. Quelle sera leur place une fois de retour chez eux ?

Tandis que les femmes vont tirer paradoxalement profit de cette période professionnellement en s’émancipant et poser les bases d'un féminisme en marche.

L’armée, encore peu motorisée, ne peut envisager une guerre sans cavalerie. En période de paix, les armées n'entretiennent qu’un nombre réduit de chevaux, il leur faut donc les réquisitionner auprès de la population en période de guerre. Des commissions de militaires se mobilise sur place, chevaux, juments et véhicules. De plus, la cavalerie constitue une force combattante qui reste un modèle des armées.

Dans cette longue liste de réquisitions, on y trouve aussi : les pigeons voyageurs, les ânes ou même les bœufs pour tirer les attelages notamment pour la logistique  ! À cela s’ajoutent naturellement celles du fourrage. Ces réquisitions ne seront pas faites sans résistance. En effet, les agricultrices, fermières en avaient un grand besoin au quotidien, pour le transport et pour les travaux des champs moment précis où la moisson réclame les uns et les autres. C’est toute l’organisation agricole qui s’en trouve désorganisée dès le début du conflit.